

La Conférence des Evêques Catholiques du Burundi, CECAB, lors de son Assemblée plénière du 07/10/2025, dans le sillage de la volonté du Pape François en 2015 après la publication de Laudato Si, a décidé que le premier samedi de septembre sera dédié à la prière pour la sauvegarde de la création. C’est dans ce cadre que ce vendredi, 04/09/2026 la Commission Episcopale Justice et Paix a anticipé et animé une conférence-débat : « Mettons fin à l’écocide en empruntant la voie du développement durable comme la seule voie écologique en invitant chacun à faire sa part. » La conférence s’est déroulée au Centre Ndongozi, animée par le Secrétaire Exécutif de la CEJP, Abbé EmileNDAYIZIGIYE.

Ont pris part à cette activité les membres du personnel de la CEJP, de la Commission Episcopale pour le Laïcat la Famille et la Vie (CELFV), du Département pour la Pastorale et la Catéchèse (DPC), du Département pour l’Apostolat de la Bible (DAB), du Journal Ndongozi de la CECAB. Une bonne vingtaine des professionnels des media étaient présents pour couvrir l’événement.
Après une prière introductive par le Coordinateur du Centre Ndongozi, Abbé Eugène NSANZERUGEZE, le conférencier a articulé sa réflexion autour de quatre axes essentiels : l’historique de la journée, le but, l’état des lieux et quelques propositions d’actions.
L’animateur a indiqué que la conférence se situe dans le sillage de la volonté de la CECAB à s’unir à l’Eglise universelle pour non seulement prier pour la sauvegarde de la création mais aussi s’engager pour des initiatives concrètes. Le projet remonte au Pape François qui a demandé en 2015 que soit instituée une journée internationale pour la sauvegarde de la création.

L’objectif est de sensibiliser les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à une prise de conscience plus aiguë de l’engagement personnel et collectif afin, d’être ensemble, les gardiens de la création à l’exemple de Saint François d’Assise Patron écologique proclamé par le Pape Jean-Paul II en 1979. Cette entreprise est capitale puisqu’elle renvoie aux origines de la création. L’homme a eu le privilège, dans le concert de la création d’être créé à l’image et à la ressemblance de son Dieu ( cf.Gn 1,27). Celui-ci lui a confié la création sa gestion responsable. L’homme au sein de la création, quoique aussi élément de cette création, a une grave mission d’en être le gérant au nom du Créateur auquel il ne saurait suppléer. Or, les défis écologiques montrent bel et bien la gravité de la détérioration des écosystèmes. Désormais, l’heure est au sursaut des conscience afin que l’homme sache mettre fin à sa domination pour mieux être l’intendant responsable dans la gestion du créé. Cette mission va au-delà de la simple sauvegarde puisqu’elle se veut intégrale et holistique dans le soin de la Maison commune.
De fait, au regard de ce qui se fait aujourd’hui, force est de constater, hélas, qu’il reste encore à faire car, notre Maison commune est malade. Des symptômes interpellants sont là : pollution à grande échelle, réchauffement climatique avec ses ravages. Dans tout cela, les pauvres en sont les premières victimes à en payer les frais. Finalement l’homme devient un géocidaire ou écocidaire au regard de son insouciance. Il est comme le riche insensé qui démolit sa propre maison. Il est donc plus que temps de renouer avec la culture de l’amour de la Maison commune.
Dans notre pays, les crises récurrentes ont emporté à la fois de vies humaines et détruit la création. Ce qui requiert une double réconciliation : sociale et écologique.
Ainsi chacun est-il sommé de se réveiller pour repenser à nouveaux frais ses responsabilités en matière écologique. Il ne convient pas du tout de supplanter le Créateur mais de le laisser être Dieu. Une telle attitude sera le fruit d’une conversion personnelle et communautaire. Chacun est invité à offrir sa part dans l’édification de la Maison commune pour que puisse advenir un Burundi intégralement développé.
Une série de questions et de complément ont été proposées au conférencier allant dans le sens de prôner une action en amont par une éducation à l’écologie aux enfants, et une action en aval par la mise sur pied de petits écogestes, de suivi de la politique de la propreté.
Rappelons que le chrétien ne doit pas perdre de vue que cette entreprise écologique fait partie de sa mission ordinaire d’être sel, levain et lumière du monde. Il nous revient tous de mettre la main à la « pâte écologique » et de la pétrir avec respect et responsabilité avec de « petits écogestes » pour le plus grand bien de la Maison commune.
A.Eugène NSANZERUGEZE